Coupé par les bombardements, le transbordement des détenus eut lieu dans une rame, amenée de l'autre coté du pont et composée en totalité de wagons de marchandises dans lesquels furent enfermés les pauvres gens. A ce moment j'étais allé en gare de La Roche de Glun, distante, d'environ 600 métres et j'attendais le train. Lorsqu'il parvint en gare, et au moment où j'allais monter sur la locomotive, je fus accosté par l'officier chef de convoi qui me cherchait visiblement. Il m'obligea, sous la menace de son revolver, à monter sur la machine en me rendant responsable de la bonne marche du convoi, me disant que " puisque je faisais fonction de sous-chef de dépôt, je devais forcément savoir conduire les locomotives " et que je ne parviendrais pas vivant à Lyon si lui n'y parvenait pas Parlant très correctement le Français, il tint encore à m'avertir que si je tentais de fuir, je serais immédiatement abattu ; il ne fallait d'ailleurs pas songer à fuir car il y avait 3 boches sur la machine (1 mécanicien, 1 chauffeur et un soldat, armés de mitraillettes) et 1 manuvre Français de l'annexe de Traction qui avait été obligé, sous la menace également, d'amener le train vide de Saint Rambert d'Albon au pont de l'Isère et qui me quitta à Saint Rambert d'Albon. Nous partîmes donc de La Roche de Glun vers 19heures, le transbordement ayant pris pas mal de temps, et alors commença vraiment une nuit pénible. Je m'arrêtais à la première gare : Tain l'Hermitage ; l'officier boche arrivait évidemment immédiatement en courant en me criant : " monsieur tout de suite, partir Lyon, allez, allez ! ", et en brandissant son arme que je devais revoir plus d'une fois avant l'arrivée à Lyon .
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Signalement de l'officier chef de convoi : très grand (environ 1m90, mince, cheveux de couleur châtain-blond peu abondants, front dégarni, age approximatif 30 ans, parlant correctement le Français, grade probable lieutenant) |
Extrait de 4 pages compte rendu Guy-Guillot attaché
de traction SNCF
Voir Annexe : témoignage intégral de Guillot
Rapport Jacquelin oct. 1944
Le pont métallique sur l'Isère ayant été
endommagé par l'aviation, les Allemands nous chargèrent
de leur matériel, de leurs sacs, de leurs vivres et nous
traversons ce pont à pied.
Nodon Jean - rescapé Dachau - témoignage 12 juin 1990

Locomotive 140 J 12 stopée devant le viaduc.

Gare de La Roche de Glun

Piles de l'ancien viaduc bombardé le 16 août 1944.







